
Sanctuaire des Chenevières, Chassenon (Charente)
Une opération de fouille programmée a été menée en 2021 sur le pan sud du sanctuaire des Chenevières localisé sur la commune de Chassenon (Charente).
L’ouverture d’une fenêtre de 623 m² devait permettre de conclure les investigations initiées en 2016-2017 par Cécile Doulan dans ce secteur du lieu de culte marqué par une exèdre interprétée comme une possible entrée donnant sur une voie majeure de l’agglomération antique de Cassinomagus. Les objectifs principaux de la campagne étaient ainsi de déterminer l’ampleur et la fonction de l’aménagement ponctuant la façade méridionale du sanctuaire, dégager intégralement la voie longeant le mur de péribole et documenter les occupations antérieures ponctuellement observées en plusieurs points du site cultuel. Caractérisées par de nombreuses structures fossoyées associées à des niveaux de terres noires, elles se révèlent généralement difficiles à analyser au vu de l’étroitesse des fenêtres d’observation habituellement ouvertes.
Le décapage extensif a permis de mettre au jour de très nombreuses structures fossoyées aménagées dans le substrat rocheux (impactite) : trous de poteau, tranchées, fosses… Bien que la zone ouverte soit plus large, il est difficile de pouvoir distinguer une organisation particulière trahissant la présence d’un bâtiment. L’examen détaillé des stratigraphies a tout du moins révélé deux états successifs pour cette première occupation du secteur, le dépôt de terres sombres associé s’articulant en deux couches et plusieurs structures fossoyées se recoupant. Le dernier état est d’ailleurs marqué par la mise en place d’un puits dont la margelle était particulièrement bien conservée. La fouille de ces premiers niveaux a livré un très abondant mobilier céramique avec 8 caisses de céramiques (137 lots) et 10 caisses d’amphores (113 lots).
Figure 2 – Vue de structures fossoyées caractérisant les occupations antérieures au sanctuaire des Chenevières
Plus ou moins concomitamment, une voie composée de dalles d’impactite à la surface arrondie et marquée par plusieurs ornières orientées est-ouest est aménagée dans la partie sud de l’emprise de fouille. N’excédant pas 5 m de large, elle semble épouser l’orientation générale des structures fossoyées. Sa bande de roulement au nord est par ailleurs coupée par l’installation du sanctuaire, nécessitant par la suite un rechapage ponctuel composé d’un remblai de petits cailloutis remontant contre le parement sud des maçonneries du lieu de culte.
L’étude des vestiges structurant cette phase a révélé deux phases d’aménagement. Suite à un arasement des occupations antérieures, le secteur est marqué par la construction d’un mur d’enceinte ponctué par une exèdre quadrangulaire empiétant largement sur la voie. Elle forme une véritable pièce, ses murs latéraux se poursuivant vers le nord où ils forment un retour. Le caniveau qui longe au sud le sanctuaire, réceptionnant les eaux de pluie, passe sous l’emprise de la pièce où il prend la forme d’un égout. Le chaînage des maçonneries – piédroit et mur de péribole – confirme que la canalisation serait apparue dès la première phase du sanctuaire.
Néanmoins, dans un second temps, les maçonneries semblent arasées au profit de la mise en place d’un mur de portique. L’exèdre saillante est alors marquée dans la galerie par l’ajout de contreforts installés contre le parement nord du mur de péribole. L’espace de circulation est quant à lui marqué par l’apport d’un remblai de nivellement caractérisé par de nombreux déchets d’impactite. Aucun sol malheureusement n’a été conservé en lien avec cette phase de fonctionnement du lieu de culte.
La zone au sud de la voie n’a quant à elle livré aucun aménagement témoignant de la nature de l’occupation dans cette partie de l’agglomération. Une cellule quadrangulaire ponctuée aux angles par de gros dés d’impactite semble en effet postérieure, étant installée dans une couche de démolition à base de TCA. Sa fonction n’a pas pu être précisée lors de la fouille en l’absence de niveau de sol conservé.
Le secteur est finalement marqué par la présence d’une tranchée orientée nord-sud découverte dans la partie occidentale du chantier. Localisée en partie haute de la stratigraphie, elle pourrait marquer une limite parcellaire encore de vigueur aujourd’hui.
Opération archéologique
• Type d’opération : fouille programmée
• Dates : 5-30/07/2021
• Surface : 623 m²
• Type d’aménagement : –
• Prescripteur : Héloïse Bricchi-Duhem (DRAC SRA Nouvelle-Aquitaine, site de Poitiers)
Nature des vestiges
• Périodes : Antiquité
• Sujets et thèmes : sanctuaire, mur de péribole, habitat précoce, puits, galerie périphérique, exèdre, voie, habitat périphérique
Intervenants :
• Responsable d’opération : Lucie Carpentier
• Équipe de fouille : Thomas Bouhourdin, Lucile Catté (RS), Baptiste Coelho, Jocelyn Corler (RS), Alexy Delahaye, Myriam El Medini, Claire Fournier-Alves, Arthur Huiban, Mathilde Lechevalier, Philomène Leroux, Florian Mafre, Matisse Millet, Flora Mouchel, Mathilde Papot, Lara Pérez-Blanc, Léa Perles, Faïza Philibert, Lucie Poveda, Richard Santos (RS), Gabriel Sheehan (RS), Macha Tchernitchko
• Équipe de post-fouille : Isabelle Bertrand, Lucile Catté, Jocelyn Corler (Eveha), Arnaud Coutelas (DTalents), Chloé Genies (Eveha), Lucie Poveda, Richard Santos, Gabrielle Sheehan, Sylvie Soulas, Carole Vissac (GéoArchéon)
• Collaborations : DTalents (pétrologie et étude des terres cuites architecturales), GéoArchéon (micromorphologie)
• Aménageur : –
Publications
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