
Route de Paris, Brison-Saint-Innocent (Savoie)
La construction d’une maison médicale à Brison-Saint-Innocent (Savoie, 73) a permis de cerner un peu mieux l’occupation antique sur la commune, jusque-là difficile à percevoir.
Outre la présence d’au moins deux occupations antiques distinctes, c’est également toute l’histoire de cette parcelle de 600 m² qui a été mise au jour, de l’Antiquité à l’époque contemporaine.
L’occupation la plus ancienne est attribuée à un potentiel habitat du Haut-Empire, localisée à l’extrémité nord-est de l’emprise de fouille et implantée sur un plateau issu de la désagrégation de la moraine. Représenté par un ensemble de structures en creux (fosses et trous de poteaux), cet habitat ne semble pas, en l’état actuel de la recherche, dessiner le plan de bâtiments. À cela, il faut notamment prendre en considération qu’une partie du site antique a probablement été détruit par l’installation d’une citerne récente, au sud-est de l’emprise. Le mobilier archéologique retrouvé est assez succinct et correspond majoritairement à des tessons de céramique, dont les quelques formes observées sont attribuables au Ier siècle de notre ère.
Au Bas-Empire, l’occupation s’est déportée à l’ouest de l’emprise de fouille. En l’absence de vestiges spécifiques, la caractérisation de l’ensemble est difficile à établir. En plan, cette occupation s’apparente à un niveau sablo-argileux brun, mêlant galets, TCA et céramiques, dans lequel sont venues s’insérer les différentes structures archéologiques (fosses à galets, angle de mur, niveau d’occupation…). Une fosse de rejets domestiques a notamment livré une dizaine de monnaies, dont les premières observations permettent de remonter au IVe siècle de notre ère.
Enfin, la parcelle est assez marquée par l’activité moderne et contemporaine, venue également altérer l’occupation du Bas-Empire dans la moitié orientale de l’emprise. Elle est représentée essentiellement par des linéaires, dont la base est constituée de galets. Le terrain ayant été employé uniquement comme jardins au cours des derniers siècles, ceux-ci pourraient s’apparenter à des linéaires de plantation ou à des drains.
L’élément le plus caractéristique se trouve être la découverte d’un ensemble construit témoignant d’une adduction d’eau sur la parcelle. Une première citerne, encore en élévation, a été découverte au sud-est de l’emprise, de laquelle part une canalisation en pierres calcaires, liées par un mortier grisâtre. Celle-ci descend en pente douce jusqu’à l’entrée du site, où elle émet une courbe, pour finalement déboucher sur une deuxième citerne, faisant office de «trop-plein». Cette dernière présente un départ d’arc, probablement en plein cintre, dont la voûte s’est écroulée. Des escaliers sont aménagés afin d’accéder à la citerne. L’arrivée de la canalisation sera bouchée dans un second temps afin de la transformer en cave.
Opération archéologique
• Type d’opération : fouille préventive
• Dates : 25/03/2024 – 26/04/2024
• Surface : 600 m²
• Type d’aménagement : Maison médicale
• Contrôle Scientifique et Technique : Marie-Pierre Feuillet (DRAC – SRA Auvergne-Rhône-Alpes)
Nature des vestiges
• Périodes : Antiquité, Moderne, Contemporaine
• Sujets et thèmes : habitat sur poteaux, fosses à galets, citernes, canalisation
Intervenants
• Responsable d’opération : Laurie Danielou
• Équipe de fouille : Mickaël Bandiera, Céline Beauchamp, Gérald Bonnamour, Vincent Ory, Emilie Tomas
• Équipe de post-fouille : Mickaël Bandiera, Alice Bourgois, Lucie Carpentier, Anne-Lise Dabry, Clara Sarradin, Sabrina Save (Amelie)
• Aménageur : SAS Développement

Publications
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