Parc d’activité Sables d’Olonne sud, Château d’Olonne (85)

La fouille préventive a été réalisée au printemps 2021 sur une parcelle intégrant la zone d’aménagement du parc d’activité des Sables-d’Olonne sud (Les Sables d’Olonne Agglomération).
L’intervention a été prescrite par le Service Régional de l’Archéologie des Pays de la Loire suite aux résultats positifs d’un diagnostic archéologique, un four de tuilier ayant été identifié. Le cahier des charges établi dans le cadre de la prescription de fouille souligne l’intérêt du site qui offre l’opportunité d’étudier un atelier de tuilier moderne et contemporain. Non détectées au moment du diagnostic archéologique, des zones d’extraction de micaschiste ont également été fortuitement découvertes lors de la fouille préventive.

Le site fouillé se trouve dans un espace rural organisé, à proximité d’anciennes borderies et métairies. À la fin de la période moderne et au début de la période contemporaine, la parcelle est ainsi associée la métairie du Bouillon. La parcelle se situe précisément en bordure d’un plateau, monticule qui domine à quelques mètres de hauteur la confluence de deux ruisseaux, la Grue et la Bouillée.

Un four et un bâtiment, qui sont signalés sur le cadastre napoléonien, intégraient l’atelier de tuilier. D’après les informations fournies par les archives liées à la parcelle et les datations effectuées dans le cadre de la fouille préventive, c’est à la fin du XVIIIe siècle, probablement durant la période révolutionnaire, que le four a été construit et utilisé. Le bâtiment qui occupe une soixantaine de mètres carrés est très arasé. Les éléments mobiliers découverts confirment sa contemporanéité avec le four, mais rien ne permet d’identifier sa fonction.

Figure 1 –Décapage de l’emprise de fouille

Figure 2 –Fouille d’une zone de carrière

L’architecture des parties conservées de la structure de chauffe, une chambre qui est divisée en deux couloirs, démontre qu’il s’agit d’un four de tuilier dont il ne reste que la partie inférieure, le laboratoire ayant été détruit. Le four a été bâti à l’intérieur d’une fosse d’extraction plus ancienne, avec des modules de micaschiste liés par de l’argile. Ce sont des matériaux de construction en terre cuite architecturale, des tuiles canal, des briques et des carreaux qui ont été cuits dans le four. Ils ont principalement été retrouvés durant la fouille préventive sous la forme de déchets et ratés de cuisson dont certains sont amalgamés en formant des moutons. De la chaux paraît aussi avoir été produite dans le four. Des indices démontrant que des objets en céramique ont également été fabriqués ont été identifiés lors du diagnostic archéologique. L’étude étant limitée à une emprise de fouille définie sur le monticule, aucune autre étape de la fabrication des matériaux de construction en terre cuite architecturale n’a été identifiée.

Des fosses qui ont permis d’extraire le micaschiste qui compose le substrat géologique à l’aplomb du site ont été découvertes lors de la fouille préventive. Ces fosses, dont la fouille nécessite des moyens spécifiques plus conséquents que ceux initialement prévus, ne faisaient donc pas partie de la prescription archéologique. Néanmoins, grâce à des sondages limités qui ont par endroits permis de dégager quelques fronts de taille, la stratigraphie des niveaux de comblement a pu être en partie déterminée. Retrouvés dans les niveaux de comblement, principalement des déchets d’extraction, des fragments d’arbre grossièrement débités ont été abattus ou sont tombés dans une des carrières entre les XIe et XIIIe siècles d’après les datations radiocarbones effectuées. 

À proximité du four de tuilier, une zone d’extraction paraît, d’après les observations stratigraphiques, légèrement plus ancienne, voire contemporaine de ce dernier. Les artisans qui ont bâti le four ont notamment utilisé les matériaux lithiques existant sur place.

Au sein des secteurs de carrière étudiés, le micaschiste a probablement été prélevé à l’aide d’outils métalliques à percussion lancée et d’instruments pouvant être utilisés comme levier pour dessoucher les modules extraits. La dimension de ces derniers est contrainte par la schistosité et les fracturations, les failles, impactant le substrat. Ils ressemblent certainement à ceux mis en œuvre pour la construction du four, atteignant quelques dizaines à plusieurs dizaines de centimètres de longueur et largeur et une épaisseur de quelques centimètres à une dizaine de centimètres.

Figure 3 – Fouille du four de tuilier

Figure 4 – Plan de l’emprise de fouille

La fouille préventive a donc permis d’étudier des activités de production de matériaux au sein de l’emprise définie par le cahier des charges. Un atelier de tuilier a principalement produit des matériaux en terre cuite architecturale et de la chaux entre la fin de la période moderne et le début de la période contemporaine. Le micaschiste qui compose le sous-sol du site est semble-t-il extrait depuis le Moyen Âge jusqu’à l’utilisation du four de tuilier. Les extracteurs ont peut-être profité du contexte topographique et géomorphologique du site. Le site présente notamment un faible recouvrement superficiel ne nécessitant pas un important décapage du substrat.

Depuis le Moyen Âge, le micaschiste a aussi pu être extrait pour les besoins en matériaux liés à la construction des édifices se trouvant à proximité du site, métairies, borderies ou fortifiés inventoriés dans la carte archéologique. Mais ceci reste toutefois à vérifier notamment par des études spécifiques sur le bâti subsistant. Une autre activité de chaufournerie est aussi avérée à la même époque à proximité du site fouillé. Il apparaît donc que ce dernier est localisé dans un secteur où se concentrent des activités de production de matériaux.

Figure 5 – Relevé archéologique du four de tuilier

Figure 6 – Traces d’outils sur un front de taille

Opération archéologique

• Type d’opération : fouille préventive
• Dates : 06/04/2021 au 21/05/2024
• Surface : 7 000 m²
• Type d’aménagement : Parce d’activité
• Prescripteur : C. Moreau (Pays de la Loire)

Nature des vestiges

 • Périodes : médiévale, moderne, contemporain
• Sujets et thèmes : Atelier de tuilier, carrière de schiste

Intervenants

• Responsable d’opération : Gérald Bonnamour
• Équipe de fouille : Adrien Arles, Gérald Bonnamour, Lucie Carpentier, Mathilde. Delage, Florian Leleu, Christophe Marconnet, Emilie Tomas
• Équipe de post-fouille : Mickael. Bandiera, Gérald Bonnamour, Lucie Carpentier, Laurie Danielou, Emilie Tomas
• Collaborations : Archeolabs, P. Camps (G2ZO)
• Aménageur : Sables d’Olonne Agglomération

 

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