
Les Vignes Mignaud 2, Saint-Martin-la-Pallu (Vienne)
Dans le cadre de la construction d’un lotissement sur l’ancienne commune de Vendeuvre-du-Poitou, à Saint-Martin-la-Pallu (Vienne), une opération d’archéologie préventive a été prescrite sur une superficie de 8 889 m².
Le diagnostic avait en effet mis en évidence plusieurs vestiges antiques parmi lesquels une série de maçonneries, plusieurs structures fossoyées dont une possible fosse d’extraction. La proximité d’un enclos fossoyé possiblement protohistorique dans la parcelle voisine, directement au sud, laissait supposer la présence éventuelle de niveaux antérieurs.
La fouille préventive réalisée entre août et octobre 2023 a permis d’infirmer la présence d’une occupation gauloise sous-jacente, et ce malgré un redécapage systématique de l’emprise. La zone semble toutefois avoir été fréquentée dès le Paléolithique au vu des découvertes lithiques. Si aucune structure n’a pu être mise en évidence, la fouille a permis de récolter au nord une cinquantaine de pièces. Bien qu’aucun remontage n’ait pu être détecté, l’importante concentration d’éclats pose la question d’un atelier de taille à proximité daté du Paléolithique inférieur. Le secteur méridional de l’opération n’était pas en reste avec une quarantaine de pièces – dont un perçoir et une scie à encoche – datées préférentiellement du Néolithique.
L’apport majeur de la fouille préventive consiste dans la mise au jour d’une occupation attribuée au Haut-Empire dans ce secteur localisé à la périphérie sud-est de l’ensemble monumental bien documenté des Tours Mirandes. L’articulation avec le centre de l’agglomération antique devait se faire par la voie découverte lors de l’opération préventive, orientée sud-est / nord-ouest. Composée d’une succession de lits de pierres, elle a été documentée au moyen d’une fouille en écorché dans sa portion la mieux conservée, à l’est. Son usage répété est trahi par les importantes ornières observées ainsi que par les multiples rechapages de sa bande roulante qui, par ailleurs, présente un décalage progressif vers le nord à mesure de ses nombreux réaménagements.
Ce décalage vers le nord de l’axe viaire semble entériné dans un second temps, avec l’installation d’une nouvelle voie. Bien que sa bande de roulement soit très lacunaire, son tracé se suit grâce aux deux fossés bordiers orientés grossièrement est-ouest. L’absence de mobilier associé ne permet pas néanmoins de dater précisément cet aménagement.
Le reste de l’occupation antique semble être installé en respectant l’orientation du premier axe viaire. Ainsi le tracé de plusieurs bâtiments a été mis en évidence directement au sud de la voie. Malheureusement, seuls leurs radiers de fondation sont conservés, composés d’un mélange de cailloux de grès installé en tranchée pleine. L’importante érosion du site explique qu’aucun niveau de sol n’ait été conservé. La fouille extensive a permis de révéler la présence dans ce secteur de deux caves, associées à deux bâtiments distincts, ainsi que celle d’un puits. Malgré l’état lacunaire des vestiges, l’identification de reprises ponctuelles et la distinction de plusieurs modes de mises en œuvre des maçonneries posent la question d’un phasage qui doit encore être précisé dans le cadre de la post-fouille.
Les débuts de l’occupation antique dans ce secteur semblent tout du moins être associés, dans l’angle sud-ouest de l’emprise de fouille, à la présence d’une carrière. Une importante fosse d’extraction de grès a ainsi été dégagée, permettant d’étudier un foyer dont le fonctionnement doit être plus ou moins concomitant à sa phase d’exploitation. L’ouverture de plusieurs tranchées transversales, jusqu’au sol d’extraction a permis de documenter son processus de comblement. Par la suite, le dégagement extensif de la fosse a permis de réaliser un relevé tridimensionnel de la zone extractive dans le but notamment de pouvoir restituer l’organisation et le volume des travaux extractifs. Suite à son colmatage, le secteur est marqué par l’installation de nouvelles maçonneries préservées probablement grâce à un léger affaissement des remblais.
Malgré le caractère lacunaire des vestiges étudiés dans le cadre de l’opération, le mobilier récolté s’est révélé relativement abondant. Si le diagnostic proposait une occupation antique dissociée en deux temps – Haut-Empire puis Bas-Empire – l’analyse du mobilier devrait permettre de préciser la chronologie comme l’organisation de l’occupation dans ce secteur périurbain de l’agglomération pictonne de Vendeuvre-du-Poitou.
Opération archéologique
• Type d’opération : fouille préventive
• Dates : 07/08/2023 – 04/11/2023
• Surface : 8 889 m²
• Type d’aménagement : Lotissement
• Contrôle Scientifique et Technique : Édouard Veau (DRAC SRA Nouvelle-Aquitaine, site de Poitiers)
Nature des vestiges
• Périodes : Paléolithique, Néolithique, Antiquité
• Sujets et thèmes : épandage, voie, habitat, cave, puits, carrière, activités métallurgiques
Intervenants
• Responsable d’opération : Lucie Carpentier
• Équipe de fouille : Adrien Arles (RS), Thibaut Avinenc (RS), Mickaël Bandiera, Céline Beauchamp, Pierre Benoit, Loys Carrel, Laurie Danielou, Florian Leleu, Matisse Millet, Henrique Sarmento Pedro, Lucas Savall Baué, Marie Vanackere
• Équipe de post-fouille : Thibaut Avinenc, Isabelle Bertrand, Alice Bourgeois, Lucile Catté (Eveha), Matisse Millet, Sylvie Soulas, Carole Vissac (GéoArchéon)
• Collaborations : Carole Vissac (GéoArchéon), Daniel Morleghem, Julie Caron (univ. de Poitiers)
• Aménageur : Mairie de Saint-Martin-la-Pallu

Publications
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