
25 Boulevard Pasteur, Allonnes (72)
L’opération de fouille archéologique préventive du « 25 Boulevard Pasteur », d’une surface de 2 100 m², se situe au cœur de l’agglomération antique d’Allonnes (Sarthe), connue depuis le XVIIIe siècle. Plus précisément, l’opération concerne la zone sudorientale des thermes dits « Thermes Pasteur » ou « Thermes du Champ des Tuffètes », fouillés entre 1840 et 1843 par Charles Richelet à proximité d’un axe nord/sud principal de la ville.
Ses travaux avaient révélé un ensemble de bains publics vaste de 45 x 60 m, construit en petit appareil, des thermes doubles, symétriques. Seule l’aile orientale aurait été entièrement dégagée. Pour chacune on restituait une succession de salles froides (au sud) à chaudes (au nord), et au centre une vaste piscine froide considérée par Ch. Richelet comme étant un espace extérieur (natatio) et juste au sud un grand espace dallé considéré depuis comme étant une palestre.
Peu de données et de mobilier nous sont parvenus de ces fouilles anciennes. Remblayé par la suite, c’est un secteur entier de l’édifice qui a été détruit en 1962 lors de la construction d’un lotissement et d’autres travaux réalisés dans les années qui ont suivi n’ont pu autoriser que quelques observations complémentaires.
L’opération de fouille recoupe une pièce sudorientale déjà connue (avec un foyer condamné hors emprise), permettant de confirmer les limites de dégagement de l’édifice indiquées sur le plan réalisé à l’issue des fouilles de Ch. Richelet.
Les premières traces d’activité relevées pour l’emprise de la fouille correspondent à la préparation du terrain avant commencement des travaux de construction du complexe thermal. Le substrat est arasé dans l’emprise des thermes, mais aussi dans la parcelle à côté, à l’est. La côte d’arasement du substrat sableux est de 49,25 m NGF. Le décaissement se poursuit dans les limites du bâtiment thermal en tant que tel, jusqu’à la côte d’environ 47 m NGF. Ceci a permis aux bâtisseurs de travailler en aire ouverte dès la phase de mise en œuvre des fondations, de construire les murs selon les techniques de l’élévation, et de remblayer à la côte désirée et nécessaire pour une bonne stabilité des maçonneries.
Une salle jusque-là inconnue (PCE1217) a été découverte au sud de l’aile orientale, au sol de mortier de chaux peut-être recouvert d’un dallage depuis disparu. Bien que dans sa continuité, cette pièce déborde largement de cette aile vers l’ouest. Aucune autre pièce connue pour cet édifice ne présente un plan équivalent. Il est dès lors tentant de restituer une salle dont la longueur correspondrait à la largeur de l’édifice. Ses dimensions intérieures seraient alors de 10,3 x 30,7 m, soit une surface de 316 m². Il s’agirait ainsi d’une salle monumentale, dans une position « centrale » permettant de circuler d’une aile à l’autre, soit une probable basilica thermarum.
Hors les murs, dans la cour au sud de cette pièce, les premiers niveaux de circulation s’apparentent à de simples « épandages » de cailloux de grès roussard. Ailleurs, aucun réel indice de préparation de sol.
Le complexe est fermé à l’est avec un mur d’enceinte, construit selon des techniques plus habituelles de fondation, creusées directement dans le substrat. On ne connaît pas les limites exactes de cette clôture. Le mur d’enceinte oriental se prolonge au nord et au sud au-delà de l’emprise. Néanmoins le diagnostic archéologique a révélé une autre tranchée de récupération de mur qui pourrait correspondre au mur d’enceinte occidental. Pour ce que l’on peut en juger, l’emprise totale minimum du complexe ferait donc environ 8000 m², avec une longueur N/S d’au moins 112 m, et une largeur E/O de 72 m.
Un porche d’entrée est accolé à l’est, donnant sur l’extérieur (non bâti) et une voie (VO2025/2035) qui longe ce mur de clôture à peu de distance au sud (environ 1 m) mais, ici, à plus grande distance afin de contourner le porche. Cette voie se raccorde à une autre partant vers l’est (VO2059). Les deux sont de constitution assez fragile, avec un remblai à nodules de mortiers de chaux sableux et une surface active faite de cailloux de grès roussard.
Les éléments de datation en notre possession renvoient vers une datation potentiellement haute, début ou plus probablement milieu Ier s. ap. J.-C., avec peut-être un chantier courant jusqu’à la fin de ce siècle. La phase suivante (état II) intervient courant IIe siècle ; de la première moitié voire postérieure au milieu du IIe s. ap. J.-C. Elle concerne des aménagements d’importance : la construction de la salle sur hypocauste (PCE1163) avec son abside (PCE1176) et celle des galeries est/ouest (PCE1216) et nord/sud (PCE1215), la première longeant la salle à abside par le sud dans l’axe du porche d’entrée, la seconde longeant le mur d’enceinte par l’ouest.
Le mur stylobate de la galerie 1216 est peu fondé, tandis que celui de la galerie 1215 s’enfonçait probablement aussi profond que le mur d’enceinte. Les sols de ces espaces sont assez simples, une couche de mortier ou un niveau de cailloux de grès. La galerie est/ouest a bénéficié d’un meilleur traitement. Quelques lambeaux de sols équivalents se retrouvent au devant du porche d’entrée, à l’extérieur.
Figure 2 – Parement nord du MR1024 avec les vestiges d’enduit de la chambre de chaleur de l’hypocauste (Allonnes, 72)
Ses travaux avaient révélé un ensemble de bains publics vaste de 45 x 60 m, construit en petit appareil, des thermes doubles, symétriques. Seule l’aile orientale aurait été entièrement dégagée. Pour chacune on restituait une succession de salles froides (au sud) à chaudes (au nord), et au centre une vaste piscine froide considérée par Ch. Richelet comme étant un espace extérieur (natatio) et juste au sud un grand espace dallé considéré depuis comme étant une palestre.
Peu de données et de mobilier nous sont parvenus de ces fouilles anciennes. Remblayé par la suite, c’est un secteur entier de l’édifice qui a été détruit en 1962 lors de la construction d’un lotissement et d’autres travaux réalisés dans les années qui ont suivi n’ont pu autoriser que quelques observations complémentaires.
L’opération de fouille recoupe une pièce sudorientale déjà connue (avec un foyer condamné hors emprise), permettant de confirmer les limites de dégagement de l’édifice indiquées sur le plan réalisé à l’issue des fouilles de Ch. Richelet.
Les premières traces d’activité relevées pour l’emprise de la fouille correspondent à la préparation du terrain avant commencement des travaux de construction du complexe thermal. Le substrat est arasé dans l’emprise des thermes, mais aussi dans la parcelle à côté, à l’est. La côte d’arasement du substrat sableux est de 49,25 m NGF. Le décaissement se poursuit dans les limites du bâtiment thermal en tant que tel, jusqu’à la côte d’environ 47 m NGF. Ceci a permis aux bâtisseurs de travailler en aire ouverte dès la phase de mise en œuvre des fondations, de construire les murs selon les techniques de l’élévation, et de remblayer à la côte désirée et nécessaire pour une bonne stabilité des maçonneries.
Une salle jusque-là inconnue (PCE1217) a été découverte au sud de l’aile orientale, au sol de mortier de chaux peut-être recouvert d’un dallage depuis disparu. Bien que dans sa continuité, cette pièce déborde largement de cette aile vers l’ouest. Aucune autre pièce connue pour cet édifice ne présente un plan équivalent. Il est dès lors tentant de restituer une salle dont la longueur correspondrait à la largeur de l’édifice. Ses dimensions intérieures seraient alors de 10,3 x 30,7 m, soit une surface de 316 m². Il s’agirait ainsi d’une salle monumentale, dans une position « centrale » permettant de circuler d’une aile à l’autre, soit une probable basilica thermarum.
Hors les murs, dans la cour au sud de cette pièce, les premiers niveaux de circulation s’apparentent à de simples « épandages » de cailloux de grès roussard. Ailleurs, aucun réel indice de préparation de sol.
Le complexe est fermé à l’est avec un mur d’enceinte, construit selon des techniques plus habituelles de fondation, creusées directement dans le substrat. On ne connaît pas les limites exactes de cette clôture. Le mur d’enceinte oriental se prolonge au nord et au sud au-delà de l’emprise. Néanmoins le diagnostic archéologique a révélé une autre tranchée de récupération de mur qui pourrait correspondre au mur d’enceinte occidental. Pour ce que l’on peut en juger, l’emprise totale minimum du complexe ferait donc environ 8000 m², avec une longueur N/S d’au moins 112 m, et une largeur E/O de 72 m.
Un porche d’entrée est accolé à l’est, donnant sur l’extérieur (non bâti) et une voie (VO2025/2035) qui longe ce mur de clôture à peu de distance au sud (environ 1 m) mais, ici, à plus grande distance afin de contourner le porche. Cette voie se raccorde à une autre partant vers l’est (VO2059). Les deux sont de constitution assez fragile, avec un remblai à nodules de mortiers de chaux sableux et une surface active faite de cailloux de grès roussard.
Les éléments de datation en notre possession renvoient vers une datation potentiellement haute, début ou plus probablement milieu Ier s. ap. J.-C., avec peut-être un chantier courant jusqu’à la fin de ce siècle. La phase suivante (état II) intervient courant IIe siècle ; de la première moitié voire postérieure au milieu du IIe s. ap. J.-C. Elle concerne des aménagements d’importance : la construction de la salle sur hypocauste (PCE1163) avec son abside (PCE1176) et celle des galeries est/ouest (PCE1216) et nord/sud (PCE1215), la première longeant la salle à abside par le sud dans l’axe du porche d’entrée, la seconde longeant le mur d’enceinte par l’ouest.
Le mur stylobate de la galerie 1216 est peu fondé, tandis que celui de la galerie 1215 s’enfonçait probablement aussi profond que le mur d’enceinte. Les sols de ces espaces sont assez simples, une couche de mortier ou un niveau de cailloux de grès. La galerie est/ouest a bénéficié d’un meilleur traitement. Quelques lambeaux de sols équivalents se retrouvent au devant du porche d’entrée, à l’extérieur.
Figure 3 – Vue depuis la berme occidentale de la pièce 1217 avec son sol de mortier SL1207, la structure circulaire FT1139 avec les vestiges de son blocage interne, et les traces de lambourdes FT1120, le tout en partie mangé à droite par le FT1135 (Allonnes, 72)
Opération archéologique
- Type d’opération : fouille préventive, fouille programmée, étude du bâti, étude spécialisée
- Dates : 12/09/2016 – 10/11/2016
- Surface : 2 100 m
- Type d’aménagement : construction d’un pôle éducatif et sportif
- Contrôle Scientifique et Technique : Emmanuel Georges (DRAC – SRA Pays de la Loire)
Nature des vestiges
- Périodes : Antiquité, période moderne
- Sujets et thèmes : thermes gallo-romains, édifice public, bâtiment, voirie, hydraulique, urbanisme
Intervenants
- Responsable d’opération : Arnaud Coutelas
Équipe de fouille : Céline Beauchamp, Amaury Berthelon, Morgan Grall, Hugo Meunier (CAPRA), Marie Spicher - Équipe de post-fouille : Adrien Arles, Céline Beauchamp, Anaïs Berrier, Philippe et Annie Blanc, Jordan Latournerie, Marie-Laure Le Brazidec, Lucie Lemoigne (APPA-CEPMR), Christophe Loiseau, Hugo Meunier, Marie Spicher, Christophe Vaschalde
- Collaborations Centre Allonnais de Prospection et de Recherches Archéologiques (CAPRA), Centre d’Étude des Peintures
- Murales Romaines (CEPMR):
Aménageur : Commune d’Allonnes

Publications
COUTELAS A. avec la collab. de ARLES A ., BEAUCHAMP C., BERRIER A ., BLANC A ., BLANC P h., LATOURNERIE J., LE BRAZIDEC M.-L., LEMOIGNE L., LOISEAU Ch., MEUNIER H., SPICHER M. et VASCHALDE Ch. (2019) – Allonnes (72), « 25 Boulevard Pasteur », Une fenêtre sur les thermes antiques. Rapport final d’opération d’archéologie préventive, Arkemine SARL, Service Régional de l’Archéologie de la région Pays-de-la-Loire, 476 p.
COUTELAS A. et LEMOIGNE L. (2021) – Les enduits peints des thermes antiques d’Allonnes (72), fouille du pôle « Curie Pasteur ». in BOISLEVE J., CARRIVE M. et MONIER Fl., dir. (2021) – Peintures murales et stucs d’époque romaine, études toichographologiques : Actes du 31e colloque de l’Association Française pour la Peinture Murale Antique (AFPMA),Troyes, 23-24 novembre 2018, Ausonius, Pictor 9, Bordeaux, pp. 45-62.



